Kaka’a

kaka’a histoire extraordinaire l’histoire de moana Moana avait perdu sa mère. Avant son départ, un kakaʻa ( lézard en marquisien ), apparaissait souvent dans la maison de sa meilleure amie. Sa présence s’était faite presque familière, comme un souffle discret veillant dans l’ombre. Puis, le jour où sa mère a quitté ce monde, le kakaʻa a disparu. Des années ont passé avant que Moana ne revienne, décidé à graver le souvenir de sa mère dans sa peau. Nous avons imaginé une œuvre à sa mesure : une grande composition courant le long de sa jambe, dominée par un kakaʻa marquisien, gardien et protecteur. J’y ai glissé un signe intime, une petite boucle à la fin de sa queue, comme un secret partagé. Deux jours de travail, deux jours de silence et de souffle maîtrisé. Moana a tenu, sans jamais faiblir. Quand l’encre eut scellé le dernier tracé, nous avons levé nos verres pour marquer l’instant. C’est alors que le signe est revenu. Dans mon salon fermé et climatisé, où jamais un lézard ne s’aventure, un kakaʻa surgit derrière un meuble. En s’approchant, nous avons vu qu’il avait une excroissance étrange sur sa queue, comme une deuxième vie en train d’éclore. Le même détail que celui du tatouage. Un frisson sacré, un hihikotaa, nous a traversés. Dans la culture marquisienne, on appelle cela Paioio, la manifestation d’une force, un lien entre le monde visible et l’invisible. Ce jour-là, le tatouage cessa d’être un simple hommage. Il devint une passerelle vers l’au-delà commeun appel, une réponse, une présence revenue.